C’est fois-ci c’est la der des der, la belote rebelote et dix de der, la finale sur le court central, l’événement que j’attends depuis des années, que j’ai imaginé chaque jour dépuis mon départ du Puy en Velay. L’étape tant rêvée depuis une vingtaine d’années est maintenant sous mes semelles bien usées par les cailloux du camino et il va falloir la vivre intensément. Cette dernière partie comme l’ultime étape de la section française, je veux la faire seul. Je veux en saisir les plus petits détails et les moindres émotions. C’est l’aboutissement d’un camino fait de beaucoup de kilomètres, de souffrance, de doutes, de fatigue, d’envies d’abandonner mais surtout de bonheur intense. Je vais laisser derrière moi tout un mode de vie, une certaine liberté et surtout des amis. Ce dont je suis fier ce n’est sûrement pas la distance parcourue ou le fait d’être parti seul, non, c’est d’avoir enfin réalisé la promesse que j’avais faite il y a bien des années.
Le départ s’effectue vers 6h afin de découvrir la ville au réveil (les espagnols ne sont pas très matinaux). J’assiste au dernier lever du soleil de mon chemin.
