06 – 07 mai 2024 – Odeceixe – Zambujeira do Mar –  25km

Après avoir méticuleusement rangé mes affaires et englouti un petit déjeuner expéditif, je me suis lancé, sachant pertinemment que la pleine forme n’était pas au rendez-vous pour affronter les 4 km de route goudronnée qui m’attendaient en début d’étape.

Une fois de plus, j’ai contemplé le panorama depuis le sommet de la falaise. Face à ce tableau saisissant, j’ai sorti mon appareil photo, peaufiné la mise au point, mais l’envie de déclencher ne m’a pas saisi.

Cette vue semblait familière, comme si des dizaines de clichés identiques s’étaient déjà gravés dans ma mémoire visuelle. Mes pupilles s’acclimataient à cette splendeur. Malheureusement, l’accoutumance s’installe insidieusement. Le parfum jadis enivrant perd de son essence au fil des semaines, la couleur des murs méticuleusement choisie s’estompe en quelques mois, le tableau fièrement accroché finit par se fondre dans l’arrière-plan avec le temps qui s’écoule.

Le chemin du nord, que j’ai parcouru à deux reprises, revêt une dimension émotionnelle particulière, oscillant entre des moments où l’on délaisse les paysages sublimes pour en découvrir d’autres tout aussi envoûtants, suscitant l’extase de la découverte.

L’habitude agit tel un laminoir sur nos émotions. Cette réalité m’a frappé de plein fouet. Désormais, je refuse catégoriquement de m’assujettir aux aspects matérialistes ou moraux de la vie.

En milieu de matinée, après une halte éclair dans un bar, j’ai retrouvé la forme à ma sortie. La suite de l’étape s’annonçait exigeante, avec de longues traversées dans le sable mou. Ce soir encore, ce sera une  nuit au camping.

10 réflexions au sujet de « 06 – 07 mai 2024 – Odeceixe – Zambujeira do Mar –  25km »

  1. Oh mais ce serait-on réveillé un brin chafouin hier matin ?
    Tu as raison ! Tout ces bleus, ce sable blond, ces milliers de fleurettes et ces immenses rochers noirs, cela devient lassant à la longue… 😀
    On s’habitue à tout, trop vite, et l’on ne sait plus voir ce qu’il y a de merveilleux près de nous, et l’on ne sait plus rendre grâce chaque jour à la beauté qui nous entoure, soit qu’elle est omniprésente et devient invisible, soit que, bien cachée ou minuscule, nous ne savons pas la débusquer.
    Il faut garder son âme d’enfant je crois pour continuer à regarder à hauteur des mômes et percevoir ce qu’il y a de magnifique dans ce monde. Moi qui ai passé de très nombreuses années auprès des gamins, cela m’a bien aidée car nos yeux et nos cœurs d’adulte ne reçoivent que trop de noirceur…
    Haut les cœurs pèlerin !
    Je t’embrasse bien fort.

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  2. Une étape riche en émotions et en réflexions… Pour ma part je m’extasie encore sur tes magnifiques photos et sur ton texte. Heureusement qu’il y a des arrêts troquet pour repartir ragaillardi !
    En parlant de bistrot, j’espère que tu te régales avec la gastronomie portugaise ?
    Des bises Alain,
    Véronique

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  3. Tu as l audace de marcher à contre courant cette année. Ce n est peut être pas anodin et cela impacte tes émotions et ton ressenti. Allez Alain! Tu dois puiser dans les énergies qui t entourent! On est avec toi. Bises

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